vendredi 26 septembre 2008

Les 12 travaux de Duc

Ce nouveau billet est consacré à la description de l'épreuve "Administration" des 12 travaux de Duc (cf. "Les 12 travaux d'Astérix"). On dira que c'est la suite du message précédent.

Rappel du but de l'épreuve : retirer le dossier qui permettra d'ouvrir un bureau de représentation. Clarisse était là pour me soutenir moralement et voir comment ça se passe dans l'administration vietnamienne. Le coup du permis de conduire (billet précédent) l'avait bien fait marrer.

1ère piste : 21 Ngo Quyen, Ministry of Industry and Trade. Comme c'est un bureau de représentation que je dois ouvrir, j'ai lu qu'il fallait se présenter au Ministère de l'Industrie et du Commerce . C'est un bâtiment moderne :










Je me renseigne à l'accueil et là on me dit que c'est au 54 Hai Ba Trung ; comme c'est pas loin, on a décidé d'y aller à pied.


2ème piste : M.I.T., 54 Hai Ba Trung. A cette adresse, c'est toujours le Ministère de l'Industrie et du Commerce mais le bâtiment fait un peu moins moderne mais avec un style un peu colonial :




Avec Clarisse, ils ont dû nous prendre pour des touristes (voir leur tête sur la photo).
Là, ils nous disent que ce n'est pas là car ce bâtiment n'accueille que les employés administratifs et que pour ce type de démarche, il faut se rendre au M.P.I. (Ministry of Planning and Investment - 2 Hoang Van Thu) à côté du mausolé de Ho Chi Minh.



3ème piste : M.P.I., 2 Hoang Van Thu. Les bâtiments font un peu plus "communiste" :


Malheureusement, on arrive un peu tard car il est 11h15 nous dit-on et c'est bientôt l'heure du déjeuner (11h30) et qu'il faut revenir à 13h30. Bon, on avait pas trop faim alors on a marché jusqu'au lac Truc Bach, un petit lac se trouvant près du lac de l'Ouest. On a déjeuné dans un petit restaurant qui servait aussi des spécialités malaisiennes.

A 13h15, on revient au même endroit pour trouver le bon bureau.
On nous indique le bureau du FIA (Foreign Investment Agency) ; ça chauffe ! Là, on me dit que ce n'est PLUS là mais au D.P.I. (Department of Planning and Investment- 16 Cat Linh).
On m'avait prévenu que ça changeait très souvent au Vietnam et que les fonctionnaires eux-même n'étaient pas forcément au courant.
On reste calme et on prend ça avec humour.
Et route pour la piste suivante !



4ème piste : D.P.I., 16 Cat Linh. Le bâtiment est en cours de rénovation. C'est bon signe !
On monte à l'étage et on voit un guichet. Une affichette indique les horaires. Ouf, on est dans le créneau. C'est pas des violents mais ils parait qu'en France, on fait encore mieux à la C.A.F. en terme d'horaires. Il y a une personne qui attend avant moi et un seul agent au guichet pour 3 personnes dans le bureau (dont une qui surfe sur internet). Une des 3 personnes sort du bureau pour faire des photocopies ; je suis étonné par la lenteur de ses pas ; on aurait dit qu'il fallait qu'il s'économise. Je l'intercepte au retour pour me renseigner et il me dit que c'est bien là et qu'il faut attendre au guichet.
Une des 3 personnes s'installe au guichet. Et quand je lui demande si c'est bien ici pour les formalités, me répond qu'il faut aller au bureau 206. Au moins, on reste à la même adresse.
Arrivé au bureau, une personne veut bien nous renseigner mais nous accueille en dehors du bureau au fond du couloir où sont installés des chaises et une grande armoire qui office de paravent. Elle n'a pas de nom sur son badge. Bizarre !
Finalement, elle nous explique que pour ce type de bureau de représentation (sans facturation au Vietnam), il faut se rendre au 331 Cau Giay (à l'ouest de Hanoi). Pour ouvrir un bureau de représentation avec facturation au Vietnam, c'était la bonne personne.
Comme il se fait tard (15h30) pour les horaires de bureau, on a décidé de revenir le lendemain.


5ème piste : 331 Cau Giay, Service of Industry and Trade, un bâtiment moderne et plutôt sobre. Après avoir erré un peu dans les couloirs. On finit par trouver le bureau (205). L'ambiance n'a pas l'air franchement stressante, ils étaient en train de boire leur thé et discuter. Le gars qui m'accueille essaye de me renvoyer à l'accueil mais finalement, il me renseigne et me prête même son bouquin de référence avec un exemple de dossier à présenter et me laisse son numéro de portable au cas où. Il ne parle pas anglais alors c'est pas très évident pour moi de le comprendre ; surtout les termes administratifs.
Je suis passé une seconde fois pour me faire expliquer des termes que je ne comprenais pas et une troisième fois pour faire valider le dossier avant émission officielle, certification (pour les copies), légalisation en France, traduction et légalisation de la traduction.
Là, en vérifiant le dossier (de leur côté du bureau), j'ai enfin compris ce qui les occupaient tant : le chat sur Yahoo Messenger.
Vous comprenez pourquoi, il vaut mieux remettre un dossier "bon" du premier coup. Sinon, ça coute cher en temps et en aller-retour avec la France.
Les démarches ne sont pas encore terminées car après obtention de l'autorisation, il faut faire tout un tas de formalités (publication, tampons, etc.).
Il devrait me présenter une société qui ferait l'interface pour éviter les déplacements et attentes au guichet. Les cabinets d'avocats prennent autour de 1,500 USD pour ce type de formalité. Il parait que les sociétés de services vietnamiennes prennent autour de 4,000,000 VND (environ 240 USD). Première rencontre du petit "plus" mentionné dans le 1er message.


La suite dans 2 semaines...

lundi 1 septembre 2008

Premières démarches

Comme promis, un petit résumé de mes premiers contacts avec l'administration en vue de transformer mon permis français en permis vietnamien.

Rappels des grands principes relatifs au permis de conduire au Vietnam :
  • Les étrangers n'ont pas le droit de conduire avec leur permis national, ni un permis international. Dans la pratique, la majorité des expatriés que j'ai rencontré roule sans permis vietnamien ; lorsqu'ils se font arrêtés par la police, ils disent qu'ils ne comprennent rien et ils vous laissent repartir. Dire qu'on est français serait paraît-il encore plus efficace car certains policiers parlent un peu anglais.
  • Pour conduire au Vietnam, il faut convertir son permis national en permis vietnamien.
  • Pour convertir son permis, il faut retirer un formulaire au Service des Transports et des Travaux Publics (16 Cao Ba Quat) puis faire traduire son permis par un traducteur officiel (310 Ba Trieu) qui tamponne les copies et la traduction puis faire signer le tout par son employeur au vietnam puis revenir au service des transports déposer le tout et revenir deux semaines plus tard pour retirer le permis vietnamien. Ca c'est la théorie...
Je me suis donc rendu lundi matin au Service des Transports et des TP retirer ce fameux formulaire.
Et là, bienvenue dans un autre univers...

1er guichet au RdC (choisi au pif car je ne lis pas le vietnamien officiel) : J'ai retrouvé de nouveau cet instinct grégaire des vietnamiens qui consiste à passer devant tout le monde dans une file d'attente quand c'est possible. J'ai eu le malheur de laisser un mètre
devant la personne qui me précédait ; d'un seul coup, il y en a trois qui sont arrivés s'intercaler devant moi ; alors j'ai changé de guichet pour demander si c'était bien là ; heureusement c'était au 2ème étage pour les permis étrangers alors je les ai laissés s'agglutiner comme des globules rouges.

2ème étage : deux bureaux ouverts et un bureau fermé. C'est là que j'ai senti la plus grosse indifférence ; je suis resté planté là 5 minutes sans que personne ne me demande quoi que ce soit. Je me suis approché d'un bureau, le gars s'est levé pour aller boire un coup sans même me demander quoi que ce soit. J'ai donc acquis le don d'invisibilité dans ce lieu mystérieux. L'atmosphère était vraiment étrange, on aurait dit des robots livrés à eux-même. Soudain, j'aperçois une jeune femme avec une lueur de lucidité dans le regard qui me demande ce que je cherche ; elle me dit que c'est à côté et vient me montrer le fameux paquet de formulaire. J'en prends deux (ça ressemble à ça). Mission 1 accomplie !

La prochaine fois, je prendrai des photos pour bien se rendre compte (comme ils sont complètement indifférents).



Mission 2 : traduction du permis. Après avoir quitté le Service des transports "intergalactiques", je vais à l'office notarial (310 Ba Trieu) chargé de traduire les documents officiels.
Et là, je me fais accoster par plusieurs personnes qui me proposent leurs services de traductions officiels. J'ai pas du tout confiance et je rentre dans le bâtiment pour me renseigner. Ils ne le font plus me dit un fonctionnaire en me montrant une pancarte en vietnamien, il faut aller au 38 Lê Dai Hành (à 100 m).
Finalement, je me laisse convaincre par la petite dame après qu'elle m'ait montré son domicile, présenté son mari et sa belle-mère qui tiennent un petit coin café sur la rue. Pour 50 000 VND, elle s'occupe de tout et j'ai même négocié la livraison à domicile car je ne voulais pas revenir retirer les papiers 2 jours plus tard à cause de la fête nationale du 2 septembre.
Vers 15 heures, elle me livre les 2 permis de conduire traduits et certifiés à mon domicile. Mission 2 accomplie !

Pour conclure, il existe toute une économie parallèle autour de l'administration qui permet de gagner du temps quand on paye un peu plus cher car une journée d'expatrié coûte au moins 60 fois plus cher (mon estimation) qu'une journée de ces AdminServices (j'lai inventé). Alors même si on paye 2 fois le prix normal mais qu'on ne perd pas de temps, on est encore plus gagnant.
Il y a un créneau à prendre dans ce domaine et je n'ai rencontré qu'une seule société qui faisait ce genre de formalités pour les expatriés.

La prochaine mission sera d'apporter le tout avec un tampon de l'employeur qui n'existe pas encore (le bureau de représentation à ouvrir).